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Observatoire National de la Pauvreté et de l’Exclusion Sociale

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La lettre de l’Onpes | n°1 - novembre 2018

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[30 novembre 2018]

► Débattre du sans-abrisme : retour sur un colloque international

Dans la continuité de ses travaux sur les situations marginales de logement dans le cadre de son dernier rapport Mal-logement, mal-logés, l’Onpes souhaite revenir sur le contenu et les apports du colloque international Le sans-abrisme en débats. Actualités et nouvelles perspectives de la recherche en sciences sociales qui s’est tenu il y a un an, à Saint-Étienne, en donnant la parole aux trois directeurs et directrices scientifiques (Mauricio Aranda, Marine Maurin, Gabriel Uribelarrea) de cette manifestation.

Réunissant des universitaires et des personnalités qualifiées dans le domaine de la pauvreté, cette rencontre a été l’occasion d’étudier et d’interroger les pratiques des acteurs qui produisent de la connaissance sur le sans-abrisme, tout en soulignant le pouvoir symbolique des catégories mobilisées par les chercheurs et les personnes concernées. Outre une discussion sur la définition du sans-abrisme, ce colloque a également questionné les réponses apportées et le rôle que peuvent jouer les sciences sociales dans leur élaboration.

► Qu’entendent les auteurs par « sans-abrisme » ?

Utilisé par des chercheur·e·s en sciences sociales, par des hommes et femmes politiques ainsi que par des associations et fédérations associatives, le terme de « sans-abrisme » reste encore nouveau et fait parfois l’objet d’incompréhensions. S’il se veut être la traduction littérale du terme homelessness, il ne correspond pas à une « super notion » qui engloberait l’ensemble des nombreuses catégories disponibles pour décrire, expliquer et comprendre le phénomène en France : SDF, sans-domicile, sans logis, errants, clochards, vagabonds, sans domicile personnel, grands exclus, sans-abri, zonards, et cætera.

Le terme de « sans-abrisme » rend compte d’un choix théorique qui ne vise pas un type particulier de population mais qui identifie une situation problématique, celle de la « vulnérabilité de l’habiter » des personnes, et les diverses façons dont ce problème est, dans une société donnée, défini, pris en compte et pris en charge (que ce soit par les pouvoirs publics ou la société civile). En cela, ce terme, sans préjuger des types de groupes concernés par ce problème, bien qu’ils soient majoritairement issus des classes populaires, désigne des situations liées à l’expérience des « habitats précaires ».

En particulier, les personnes qui sont hébergées dans des institutions d’urgence ou d’insertion ou qui vivent dans des abris précaires peuvent donc être désignées comme en situation de sans-abrisme. Cette acception du terme de « sans-abri » est donc beaucoup plus large que celle de l’Insee qui le mobilise pour désigner les personnes qui dorment « dans un lieu non prévu pour l’habitation ». Par ailleurs, le sans-abrisme, à la différence de la catégorie de « mal-logement », ne met pas seulement l’accent sur l’absence de logement mais sur la question de l’habiter et sa fragilité spatiale, matérielle et temporelle.

Lire la lettre de l’Onpes

de Mauricio Aranda, Marine Maurin et Gabriel Uribelarrea

titre documents joints

La lettre de l’Onpes | n°1 - novembre 2018 (PDF - 1015.8 ko)

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